Lelivrescolaire.fr chez Le Monde

Les manuels numériques sont à la mode en cette rentrée scolaire. Particulièrement en classe de seconde. Ils pallient, à l’entrée du lycée, l’absence des manuels scolaires traditionnels. (…)

 

Le manuel numérique occupe aujourd’hui une place marginale dans le système éducatif français. En cause, le retard pris dans l’utilisation des nouvelles technologies. Le problème des manuels manquants au lycée pourrait lui donner un élan.

 

D’autant qu’un nouveau venu, la société Lelivrescolaire.fr propose gratuitement ses manuels numériques d’histoire-géographie ou de français. Une nouvelle concurrence qu’observent, intéressés, les éditeurs scolaires traditionnels.

 

(…) Dès cette rentrée, enseignants et élèves de 5e peuvent, s’ils le désirent, utiliser gratuitement un manuel numérique de français ou d’histoire et géographie disponible en ligne (www.lelivrescolaire.fr). « Réalisés par des enseignants, nos manuels offrent les mêmes garanties pédagogiques que celles des manuels classiques », assure Eric van Rompay, président de la société Lelivrescolaire.fr. Parallèlement à son activité numérique, la société, pour assurer son équilibre économique, met en vente les manuels papier équivalents.

 

Qui voudrait payer pour un livre dont il peut disposer gratuitement en ligne ? La réponse est apportée par Sésamath. (…)

 

Aujourd’hui sur leur site (http://manuel.sesamath.net), ils couvrent les quatre niveaux du collège, 6e, 5e, 4e, 3e. « L’édition et la vente des manuels scolaires papier correspondant, assurées par la société Génération 5, permet à l’association de financer un salarié à temps plein et quatre à mi-temps », précise Jean-Philippe Vanroyer, président de l’association. Cette persistance de l’intérêt pour le papier est confirmée par un sondage Sofres de juin : 90 % des enseignants se disent satisfaits de la complémentarité des deux supports. (…)

L’irruption de Lelivrescolaire.fr change la donne. Cette société commerciale rétribue ses collaborateurs. Comme Sésamath, elle conçoit ses manuels sous logiciel libre, un atout auprès des enseignants férus de nouvelles technologies qui peuvent enrichir le manuel de leurs propres contributions. Elle a surtout vocation à couvrir tous les champs disciplinaires à tous les niveaux du collège, à l’exception notable des mathématiques en raison du développement de Sésamath. Son succès révolutionnerait l’économie du secteur.

Le numérique a du mal à faire sa place. Les éditeurs scolaires disent ne pas se sentir directement menacés par les nouveaux venus. « J’attends leur développement avec curiosité et intérêt », assure Isabelle Magnard. Les adhérents de Savoir Livre entendent bien transposer leur position dominante sur le terrain de l’édition numérique. Pour ce faire, ils revendiquent auprès de l’Etat un alignement du taux de TVA des manuels numériques sur les manuels papier, soit 5,5 % au lieu des 19,60 % actuels. (…)

 

Source : Christian Bonrepaux – Le Monde